Une poignée de graines de courge couvre plus de la moitié des besoins quotidiens d’une femme adulte en magnésium. Pourtant, environ 73 % des adultes français n’atteignent pas les apports conseillés, selon l’étude INCA 3 de l’ANSES. Le paradoxe n’est pas qu’une question de volonté : entre la teneur réelle des aliments, les pertes à la cuisson et les facteurs qui bloquent l’absorption, connaître les aliments riches en magnésium ne suffit pas toujours. Nous passons ici en revue les meilleures sources, catégorie par catégorie, avec les chiffres des bases officielles, puis les gestes simples qui changent vraiment l’absorption. Pour les effets du magnésium sur la santé et la question des compléments, nous renvoyons à notre article dédié aux bienfaits du magnésium.
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De combien de magnésium avons-nous besoin chaque jour ?
Avant de comparer les aliments, fixons le repère. L’ANSES a actualisé en 2021 les apports nutritionnels conseillés (ANC) en magnésium pour la population française : environ 380 mg par jour pour un homme adulte, 300 mg pour une femme adulte, soit une base de calcul de 6 mg par kilo de poids corporel. Les femmes enceintes et allaitantes se situent autour de 300 à 400 mg par jour. À l’échelle européenne, l’EFSA retient des apports adéquats légèrement différents : 350 mg pour les hommes et 300 mg pour les femmes (avis 2015).
Ces valeurs paraissent modestes, mais peu de personnes les atteignent. D’après les données de l’étude INCA 3 reprises dans le rapport 2021 de l’ANSES, moins d’un quart des adultes français couvre ses ANC en magnésium. Inutile de dramatiser : un apport insuffisant n’est pas une carence clinique avérée, qui reste plus rare. Mais l’écart justifie de regarder de plus près le contenu de l’assiette.
Le magnésium intervient comme cofacteur de plus de 300 réactions enzymatiques, notamment dans la production d’énergie cellulaire, selon une revue de synthèse publiée dans Cureus en 2024. C’est précisément parce qu’il est partout sollicité que ses sources alimentaires méritent d’être bien identifiées.

Graines et oléagineux : les aliments les plus riches en magnésium
Aucune autre famille d’aliments ne rivalise avec les graines et les fruits à coque pour la densité en magnésium. C’est le premier réflexe à adopter quand on cherche des aliments riches en magnésium au quotidien.
Graines de courge, lin, sésame : le trio de tête
Les graines de courge séchées caracolent en tête : autour de 550 à 592 mg pour 100 g selon les variétés, d’après la base USDA. Une petite poignée de 30 g apporte déjà près de 165 mg, soit plus de la moitié des ANC d’une femme adulte. Juste derrière, selon la table Ciqual 2020 de l’ANSES, les graines de lin fournissent environ 392 mg pour 100 g et les graines de sésame environ 351 mg.
Ces graines s’intègrent sans effort : graines de courge sur une salade ou une soupe, lin moulu dans un yaourt ou une pâte à pain, sésame sur des légumes rôtis. Le lin doit être moulu juste avant usage, sinon ses nutriments restent peu accessibles dans l’intestin.
Graines de courge décortiquées bio — Biojoy, 500 g Parmi les sources alimentaires les plus denses en magnésium (environ 550 mg/100 g), aussi riches en zinc et en acides gras insaturés. Le format 500 g permet une consommation régulière au quotidien.
Graines de chia : petite graine, apport solide
Les graines de chia comptent parmi les aliments riches en magnésium les plus pratiques à intégrer au quotidien : environ 335 mg pour 100 g (USDA). Une cuillère à soupe de 15 g apporte une cinquantaine de milligrammes, soit 13 à 17 % des ANC selon le profil. Trempées quelques minutes dans un liquide, elles forment un gel qui s’intègre dans un porridge, un pudding ou une boisson, et libère leurs nutriments plus facilement. Nous détaillons leurs autres propriétés nutritionnelles dans notre guide sur les bienfaits des graines de chia.
Amandes, noix du Brésil, cajou : les oléagineux de choix
Côté fruits à coque, la table Ciqual 2020 situe les amandes entières autour de 232 à 270 mg pour 100 g, les noix de cajou vers 260 mg, et les noix du Brésil environ 367 mg pour 100 g. Une vingtaine d’amandes (30 g) couvre environ un quart des besoins d’une femme adulte. Les noix du Brésil sont à consommer avec mesure : très riches en sélénium, deux à trois par jour suffisent largement.
| Graine / oléagineux | Magnésium (mg/100 g) | Portion typique |
|---|---|---|
| Graines de courge séchées | ≈ 550 | 30 g ≈ 165 mg |
| Graines de lin | ≈ 392 | 15 g ≈ 59 mg |
| Noix du Brésil | ≈ 367 | 10 g ≈ 37 mg |
| Graines de sésame | ≈ 351 | 15 g ≈ 53 mg |
| Graines de chia | ≈ 335 | 15 g ≈ 50 mg |
| Amandes entières | ≈ 270 | 30 g ≈ 78 mg |
Valeurs Ciqual 2020 (ANSES) et USDA. Les teneurs varient selon les variétés et l’origine.
Noix du Brésil entières non salées — 250 g Source de magnésium (367 mg/100 g) et surtout de sélénium : deux à trois noix par jour suffisent à couvrir les besoins journaliers en sélénium.
Légumineuses et céréales complètes : des bases solides du repas
Moins spectaculaires que les graines à poids égal, ces aliments riches en magnésium comptent parce qu’on en mange en plus grandes quantités, et parce qu’elles structurent le repas.
Légumineuses : attention à la valeur sèche ou cuite
À l’état sec, les chiffres impressionnent : selon la table Ciqual 2020, les haricots blancs secs avoisinent 163 mg pour 100 g, les haricots rouges 140 mg, les pois chiches 115 mg et les lentilles vertes 107 mg. Le soja sec dépasse 280 mg (USDA). Mais ces valeurs s’effondrent à la cuisson, car la légumineuse s’hydrate : comptez environ 45 mg pour 100 g de haricots blancs cuits, 48 mg pour les pois chiches cuits, 36 mg pour les lentilles cuites. Une assiette de 200 g de lentilles cuites apporte tout de même près de 72 mg, soit environ un quart des ANC d’une femme adulte.
Quinoa, sarrasin, avoine : les céréales à privilégier
Parmi les céréales, le sarrasin cru se distingue (environ 231 mg pour 100 g), devant le quinoa (environ 197 mg) et l’avoine en flocons (environ 138 mg), d’après les données croisées Ciqual et USDA. Ces valeurs valent pour le produit cru et baissent à la cuisson. Le germe de blé, très concentré (environ 239 mg pour 100 g, Ciqual 2020), s’ajoute par cuillerées dans un muesli ou une compote. Le raffinage appauvrit fortement les céréales : un pain blanc apporte beaucoup moins de magnésium qu’un pain complet. Ces aliments figurent d’ailleurs parmi les piliers de l’alimentation anti-inflammatoire, où le magnésium joue aussi un rôle.
Légumes verts : un appoint utile pour les aliments riches en magnésium
Les épinards traînent une réputation flatteuse, héritée d’un mythe nutritionnel tenace. La réalité chiffrée est plus mesurée : environ 87 mg pour 100 g d’épinards crus selon la table Ciqual 2020, et 54 à 80 mg une fois cuits. C’est honorable parmi les légumes — devant l’artichaut (environ 60 mg) ou le brocoli (environ 21 mg) — mais loin derrière une simple poignée de graines.
Les épinards restent un excellent légume, à ne pas écarter. Simplement, ils ne couvriront pas vos besoins à eux seuls. Une nuance importante : épinards et bettes sont riches en oxalates, des composés qui forment des complexes peu solubles avec le magnésium et le calcium. Chez les personnes sujettes aux calculs rénaux d’oxalate de calcium, une consommation très abondante de ces légumes mérite la prudence. Une cuisson à l’eau, en jetant l’eau de cuisson, en réduit la teneur.

Cacao et chocolat noir : les aliments riches en magnésium les plus gourmands
Le cacao pur en poudre, non sucré, est l’un des aliments riches en magnésium les plus concentrés : environ 499 mg pour 100 g selon la table Ciqual 2020. Une tasse préparée avec 10 g de cacao non sucré apporte autour de 50 mg, soit environ 17 % des ANC d’une femme adulte.
Le chocolat noir suit, à condition de viser un fort pourcentage de cacao. Au-delà de 70 %, comptez environ 165 à 200 mg pour 100 g (Ciqual 2020). Deux carrés de 20 g fournissent une trentaine de milligrammes. Le chocolat au lait, lui, plafonne autour de 63 mg pour 100 g : trois fois moins, sans compter le sucre ajouté. Le chocolat noir reste un plaisir calorique, pas un complément déguisé : un ou deux carrés, pas la tablette.
Cacao en poudre 100 % naturel non sucré — Marou, 250 g Cacao brut sans sucre ajouté, environ 499 mg de magnésium pour 100 g selon la table Ciqual. S’intègre dans un porridge, un smoothie ou un golden latte.
Eaux minérales : une contribution liquide négligée
Parmi les aliments riches en magnésium, l’eau de boisson est une source souvent oubliée, parfois substantielle. Deux eaux minérales françaises sont réglementairement « riches en magnésium » (plus de 50 mg/L) : Rozana, autour de 160 mg/L, et Hépar, autour de 119 mg/L. Boire 1,5 L de Rozana dans la journée apporte près de 240 mg, soit environ 80 % des ANC d’une femme adulte. D’autres eaux comme Contrex (≈ 84 mg/L) ou Badoit (≈ 80 mg/L) contribuent modérément. L’eau du robinet varie selon les régions, avec une valeur indicative basse, autour de 10 mg/L.
Cette voie a une limite : les eaux très minéralisées ne conviennent pas à tout le monde en grande quantité, en particulier en cas d’insuffisance rénale. Nous y revenons dans les précautions.
Biodisponibilité : pourquoi tout le magnésium avalé n’est pas absorbé
Choisir des aliments riches en magnésium est une bonne base, mais le chiffre affiché pour 100 g indique ce que contient l’aliment, pas ce que votre corps en retire réellement.
L’absorption intestinale du magnésium des sources végétales est estimée entre 30 et 50 %. Elle s’ajuste à votre statut : elle augmente quand l’organisme manque de magnésium, et diminue quand les apports sont élevés, un mécanisme de régulation décrit dans une synthèse scientifique d’Elsevier sur les antinutriments.
Les phytates, principal frein dans les végétaux
L’acide phytique, ou phytates, est présent dans les céréales complètes, les légumineuses et les graines. Il forme avec le magnésium des complexes peu solubles, ce qui réduit la fraction absorbée. C’est le revers de ces aliments par ailleurs riches : la teneur brute surestime l’apport réellement utilisable.
Tremper, faire germer, fermenter : les gestes qui comptent
Ces freins se contournent avec des techniques anciennes et simples :
- Le trempage des légumineuses et des céréales (12 à 24 h, eau jetée) réduit nettement les phytates avant cuisson.
- La germination des légumineuses diminue leur teneur en phytates d’environ 37 à 64 % selon l’espèce.
- La fermentation, par exemple le levain dans le pain complet, dégrade aussi une part importante des phytates.
Selon la méthode et la durée, la réduction des phytates s’échelonne globalement entre 40 et 90 %. Concrètement : un pain au levain complet libère mieux son magnésium qu’un pain complet à la levure rapide ; des lentilles trempées la veille valent mieux que des lentilles cuites à cru. Ce sont des ajustements modestes, mais qui agissent sur la part réellement absorbée.
Détail rassurant : le magnésium étant un minéral, la chaleur ne le détruit pas. Il peut en revanche passer dans l’eau de cuisson. Récupérer cette eau sous forme de soupe ou de bouillon permet d’en retrouver une partie.
Une journée type pour atteindre ses besoins sans complément
Combiner plusieurs aliments riches en magnésium reste la stratégie la plus fiable. Voici un exemple de répartition qui approche les ANC d’un adulte (≈ 300 à 380 mg) par la seule alimentation :
| Repas | Aliment | Magnésium approximatif |
|---|---|---|
| Petit-déjeuner | 50 g de flocons d’avoine + 15 g de chia | ≈ 69 + 50 = 119 mg |
| Déjeuner | 200 g de lentilles cuites + 150 g d’épinards cuits | ≈ 72 + 98 = 170 mg |
| Collation | 30 g de graines de courge | ≈ 165 mg |
| Dîner | 2 carrés de chocolat noir 70 % | ≈ 37 mg |
Estimations à partir des données Ciqual 2020 et USDA, avant prise en compte de la biodisponibilité.
Ce schéma dépasse 380 mg sur le papier. En tenant compte d’une absorption réelle de 30 à 50 %, l’apport effectif reste cohérent dès lors qu’on varie les sources et qu’on applique le trempage. L’intérêt de privilégier l’alimentation va au-delà du simple décompte : une méta-analyse de Bagheri et collaborateurs publiée en 2021 sur plus d’un million de participants observe qu’une hausse de 100 mg par jour de magnésium alimentaire s’associe à une mortalité toutes causes réduite d’environ 6 %. Cette association n’apparaît pas avec la supplémentation, ce qui invite à la prudence quant aux conclusions à en tirer, mais conforte l’idée de miser d’abord sur l’assiette.
Précautions à connaître avant de miser sur des aliments riches en magnésium
Augmenter le magnésium par l’alimentation est sûr pour la plupart des gens, mais quelques situations appellent de la vigilance.
- Insuffisance rénale : des reins qui fonctionnent mal éliminent moins bien l’excès de magnésium. Un apport très élevé (eaux ultra-minéralisées en quantité, cumul avec des compléments) peut poser problème. Un avis néphrologique est nécessaire avant tout changement notable.
- Médicaments : le magnésium réduit l’absorption de certains antibiotiques (cyclines, fluoroquinolones) et des bisphosphonates prescrits contre l’ostéoporose. Espacer les prises d’au moins deux heures.
- Grossesse et allaitement : les besoins sont légèrement accrus. Une alimentation variée en graines, légumineuses et céréales complètes les couvre généralement ; toute supplémentation se discute avec un professionnel de santé.
- Calculs rénaux : en cas d’antécédents de lithiase oxalo-calcique, modérer épinards et bettes, et privilégier une cuisson à l’eau jetée.
Chez une personne aux reins sains, un excès de magnésium par la seule alimentation est quasi impossible, l’organisme régulant l’élimination.
Ce qu’il faut retenir pour votre assiette
Les aliments riches en magnésium les plus efficaces restent les graines (courge, lin, chia, sésame) et les oléagineux (amandes, noix du Brésil), en appui d’une base de légumineuses et de céréales complètes, avec le cacao non sucré comme alliée gourmande. Au-delà des chiffres affichés, c’est la préparation qui change la fraction réellement absorbée : un pain au levain libère mieux son magnésium qu’un pain complet à levure rapide. Variez les sources plutôt que de miser sur un seul aliment. Si vous souhaitez aussi optimiser votre apport en fer, notre guide sur les aliments riches en fer adopte la même approche chiffrée. Pour comprendre ce que ce minéral apporte à l’organisme et faire le point sur les compléments, poursuivez avec notre article sur les bienfaits du magnésium, ou découvrez la levure de bière, autre source dense en micronutriments végétaux.
⚠️ Information : Ces informations sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas un avis médical. Consultez un professionnel de santé avant tout changement significatif de votre alimentation ou de votre traitement.
Sources
- ANSES. (2021). Références nutritionnelles en vitamines et minéraux — Actualisation des références nutritionnelles françaises. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.
- EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies (NDA). (2015). Scientific Opinion on Dietary Reference Values for magnesium. EFSA Journal.
- ANSES. (2020). Table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual 2020.
- USDA. (2022). FoodData Central — National Nutrient Database. United States Department of Agriculture.
- Elsevier Connect. (2021). Influence des facteurs antinutritionnels et des techniques culinaires sur la biodisponibilité des nutriments.
- Bagheri, A., Naghshi, S., Sadeghi, O., Larijani, B., & Esmaillzadeh, A. (2021). Total, Dietary, and Supplemental Magnesium Intakes and Risk of All-Cause, Cardiovascular, and Cancer Mortality: A Systematic Review and Dose-Response Meta-Analysis of Prospective Cohort Studies. Advances in Nutrition, 12(4), 1196-1210. PMID: 33684200.
- Fatima, G., Dzupina, A., Alhmadi, H. B., Magomedova, A., Siddiqui, Z., Mehdi, A., & Hadi, N. (2024). Magnesium Matters: A Comprehensive Review of Its Vital Role in Health and Diseases. Cureus. PMID: 39539878.



